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.J'ai réalisé que les mots pouvaient refaire le monde. Que j'en été moi-même parfaitement capable.
J'ai tellement pris conscience de la force des mots, que désormais ils m'intimident. Parce que j'ai peur de les choisir, j'ai peur qu'ils me dévoilent, peur qu'ils nomment mes silences.
En réalité, je ne suis ivre que de vos mots.
Mais les mots, le problème, c'est qu'ils fuient. J'ai la perpétuelle sensation de courir après mes mots par temps de rafale. Mais je ne retrouve que des lettres éparpillées, des mots démantibulés, et quelques restes d'idées.
Étant petit, je voulais épouser une rose. Pas celle des jardins, non, une rose telle que je les voyais, les imaginais.
L'imagination est la plus grande force qu'il existe. Mais sans mémoire, elle n'est qu'un voyage éphémère.
Les mots maintiennent l'euphorie. Une porte ouverte sur l'infiniment grand. L'innommable. Le néant. Tout ce que notre cerveau ne peut concevoir, les mots eux, peuvent le qualifier, le percevoir.
Un mot. C'est fragile. Un rien le fait vaciller, et il n'existe que par nous, et pour nous.
Sans moi, les mots ne sont rien. Sans eux, je suis tout. Tout ce que je désire être, les mots ne m'y contraignent plus.
Ils ont néanmoins cette force qui caractérise le vent. Insaisissables, et pourtant ils réussissent à nous toucher.
Parfois agréables, parfois dévastateurs.
Un jour, on m'a offert un mot, en me demandant d'en faire bon usage. Après plus ample réflexion, j'ai réalisé que Simone De Beauvoir avait des comptes à me rendre, pour emploi de mot non autorisé. Et elle n'est pas la seule.
Mais la principale raison pour laquelle je n'écris plus, c'est parce que je sais que tu n'es plus là pour me lire.
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